Répons. Portrait de carte avec groupe.
Il y a quelques mois maintenant, nous avons contacté dix artistes de toutes origines, dont les œuvres nous avez frappés. Ils plaçaient, chacun à leur manière propre, lʼespace au cœur de leur projet artistique, certains très explicitement dʼautres plus en sourdine. Ces artistes ont accepté un défi inhabituel : se voir proposer une carte et offrir leur lecture de cet espace représenté ; accepter aussi la mise en regard du triptyque.
Lʼaventure a pour eux commencé il y a quelques semaines par le choix de leur carte source.
Supporté par
Commissariat de l’exposition
•Artistes
Christoph Fink vit et travaille à Bruxelles.
Erigeant le déplacement en méthode de travail, Christoph Fink explore notre rapport à l’espace-temps.
Le mouvement s’incarne dans une ligne de vie. Les moments deviennent lieux par la magie d’une codification secrète. Mémoire du corps, la surface sensible est elle-même travaillée par les révolutions terrestres.
Annelore Schneider et Claude Piguet travaillent à Genève.
Chirurgien, magicien, le collectif_fact dissèque la réalité. Les lieux connus se métamorphosent tantôt par addition, tantôt par soustraction. La sublimation du réel, la ré-invention des paysages, transforme notre expérience. L’œuvre interroge l’idéal, l’universel.
Richard Galpin vit et travaille à Londres.
Tout en traces et détails, les paysages fragmentés de Richard Galpin s’inspirent de notre expérience de l’espace urbain contemporain.
Quelque part entre abstractions et représentations, ses révisions jouent de la fragmentation radicale.
Le dévoilement procède alors de la saignée et la surface photographique révèle ses profondeurs cachées.
The Montreal Walks (2008)
Pictures (2009)
Observation I (2009)
Beaucoup d’eau passera encore sous les ponts (2008)
Hélène Gerster vit et travaille à Genève.
Fils ténus, lignes minces et fragiles, Hélène Gerster cultive une vulnérabilité qui confine à la mise à nu.
Parallèlement à ses créations plastiques, elle braconne volontiers en écriture.
Martina Gmür vit et travaille à Bâle.
A mille lieux des perspectives paysagères, Martina Gmür crée des miniatures contemporaines.
Ses suspension des formes dans des espaces vides, sans horizon, offrent des aperçus ambigus sur des objets connus. Sans ombres, ils sont accessibles, à plat, hors de portée dans une indifférence souveraine.
BITMAP (2010)
Jane D. Marsching vit et travaille près de Boston.
Quelle est la place de l’homme au pôle Nord ? Le pôle Nord est-il la dernière destination spirituelle où le vide nous laisse seuls face à nous même ?
Voici une des voies empruntées par Jane Marsching pour interroger la condition humaine sur terre.
Ses propositions mêlant deux doigts de rêve et d’absurde pour une touche d’humour nous transforment, le temps de quelques images, d’une histoire que l’on se laisse conter, en conquérants de l’inutile.
Deepnorth : a year to the north pole (2010)
Satomi Matoba vit et travaille à Hiroshima.
Un no man’s land existe entre les cultures. Mais cet espace est aussi une utopie. C’est de son expérience personnelle au Royaume-Uni, de cette négociation entre espaces conflictuels que Satomi Matoba reconstruit des mondes uniques. Le collage éloigne la dislocation.
Mœbius Map (2003-2007)
Transplant n°1 (2009)
SLIPPERY at : Love with Unconfined Wings (2009)
Shannon Rankin vit et travaille dans le Maine.
Pour Shannon Rankin l’objet cartographique est étonnamment le signe tangible de la fragilité de l’instant, de l’éphémère.
Travaillant la matière cartographique au plus près, elle joue les guides pour mieux nous perdre dans des espaces qui nous dépassent.
Lalie Schewadron Pascual vit et travaille entre Lausanne et Berne.
Lalie Schewadron nous invite à plonger aux confins, dans le vertige des espaces interstitiels. Paradoxe : la superposition crée la brèche insondable et l’appel d’air.
Vides, flous, ces mondes parfois inquiétants vibrent et se déploient dans des univers en expansion envoûtants.
Lee Jang Sub vit et travaille à Séoul.
Délicates fleurs de bitumes, les impressions urbaines de Lee Jang Sub déposent leurs inflorescences précieuses dans un écrin qui se joue du temps.
Ville palimpseste, l’espace se reproduit toujours un peu le même, toujours un peu différent.
Herbier de fleurs du mal.
Moscow (2008)